Centre Orthopédique de Provence

Epaule douloureuse

Dans pratiquement 75 à 80%, la douleur est le motif de la consultation en chirurgie de l’épaule. L’analyse par le chirurgien  de cette douleur est un temps capital dans l’établissement du diagnostic. La manière dont elle est apparue spontanément ou après un traumatisme, parfois minime, la manière dont elle évolue dans la journée, diurne ou nocturne, au repos ou à l’effort même peu important, pour certains gestes particuliers au travail ou dans le sport, sa situation en avant ou en arrière de l’épaule ainsi que ses irradiations dans le bras ou vers le cou, sont autant d’éléments qui orienterons vers tel ou tel autre diagnostic.

L’analyse montre le plus souvent que cette douleur s’accompagne d’autres sensations qui gênent le patient et qui apporteront de nouveaux éléments au diagnostic.

Une douleur apparaissant lors de mouvement d’armer (lancer un caillou) avec une sensation de déboitement partiel et fugitif orientera vers une instabilité de l’épaule surtout s’il s’agit d’un jeune sportif.

Une douleur évoluant dans le contexte de difficulté à l’élévation du bras au dessus de la tête, avec sensation de manque de force, et descente de la douleur dans le bras et parfois plus bas, orientera vers une lésion de la coiffe des rotateurs.

Parfois cette douleur est associée à une raideur qui va en s’aggravant. Le patient souffre beaucoup la nuit et est gêné dans les gestes de la vie de tout les jours. Il peut s’agir d’une inflammation de la capsule articulaire appelée capsulite qui est une cousine de l’algo-dystrophie.

Une  douleur sera l’élément révélateur d’une arthrose de l’épaule apparaissant chez un sujet de 45 à 50 ans sans limitation des mouvements, avec une radio standard normale. Il faudra un scanner ou une IRM pour reconnaître une sub luxation postérieure responsable d’une arthrose débutante. Ce sera plus facile chez un patient plus agé qui aura rapidement une raideur limitant les mouvements. Le plus souvent, la radio montrera des lésions arthrosiques nettes.

Enfin ces douleurs peuvent évoluer dans un contexte neurologique qui peut être évident du fait de l’aspect du patient , avec une fonte élective de certains muscles , comme lors d’une lésion du nerf spinal au cou ou une paralysie du nerf du grand dentelé créant une omoplate qui se décolle du thorax à l’élévation du bras.

Les signes peuvent être discret, essentiellement douloureux dans le cadre d’une compression du nerf sus scapulaire. Dans tout les cas c’est l’Electromyogramme qui permettra de confirmer le diagnostic et de donner un pronostic