Centre Orthopédique de Provence

Rupture de la coiffe

Longtemps considérée comme une lésion banale, du fait de sa fréquence, de sa bonne tolérance, l’expérience a montré qu’elle avait un potentiel évolutif avec  extension des lésions,   rétraction des éléments lésés, dégénérescence graisseuse des muscles rendant les réparations difficiles voir impossibles ou inutiles.
Le  terme de cette évolution étant l’Omarthrose Excentrée secondaire à la rupture de la coiffe qui  nécessite la mise en place d’une Prothèse Total Inversée (PTEI).

La rééducation reste une étape incontournable dans le traitement de ces lésions :

  • avant la chirurgie assouplissant une épaule enraidie, et préparant le patient à sa future auto rééducation
  • après l’intervention, appliquant un programme précis où est privilégié le respect des délais de cicatrisation, la récupération de la mobilité passive, puis de la mobilité active
  • ou chez des patients âgés compensant par le travail du deltoïde  moyen et des abaisseurs de l’épaule les troubles dus à la rupture. 

La réparation sous arthroscopique, moins agressive, a permit d’élargir les indications chez des patients en période d’activité professionnelle, raccourcissant les délais d’hospitalisation et d’arrêt de travail.
Ces réparations s’adressent à des patients chez qui la rééducation est inefficace, qui ont gardé des muscles en bon état, avec des lésions non rétractées permettant une réinsertion des tendons au niveau de leurs attaches naturelles.
Dans de très nombreux cas ces lésions de la coiffe s’accompagneront d’une lésion de la Longue Portion du Biceps (LPB) responsable de douleurs brachiales diurnes et nocturnes, invalidantes. Elles seront traitées par section simple du LPB (ténotomie) chez les patients âgés, ou section puis réinsertion sur l’humérus du LPB (ténodèse).

Les lésions irréparables de la coiffe : Leur ancienneté est responsable d’une  rétraction définitive des éléments musculaires et de leur dégénérescence graisseuse (le fait de ne plus travailler fait que les cellules musculaires sont envahies par de la graisse).
Leur réparation devient illusoire. Il est nécessaire alors d’apporter un muscle sain en remplacement de la coiffe.
Nous utilisons dans ces cas une transposition du muscle grand dorsal dont le positionnement pourra se faire sous arthroscopie. Cette technique permet d’éviter d’agresser l’ensemble des éléments sains de l’épaule. La fixation solide du transplant permettra de rééduquer les patients selon le même protocole de rééducation qu’une réparation de coiffe normale.
 
L’omarthrose excentrée, terme ultime de la rupture de la coiffe relèvera de la mise en place d’une PTE Inversée. Cette intervention intéresse des patients âgés.

L’extension des indications de réparations de la coiffe sous arthroscopie a pour but de limiter ces évolutions arthrosiques, qui lorsqu’elles touchent des patients de moins de 65 ans restent un problème difficile à résoudre, voir même un cul de sac  thérapeutique.